MIGRAINE
Par Sixtine Cail
Migraine est une série de toiles digitales, fruit de rencontre entre photographie traditionnelle et procédés digitaux de création d’image.
Sur mes toiles, le mélange de photographies de mon passé et de mon présent, assure une pertinence indépendante du contexte de l’instantané.
Comme en peinture classique, je procède couche par couche, mélangeant des supports digitaux vierges avec des impressions photographiques modifiées : scans, gravures, découpages, collages, éclaboussures…
Je m’attelle ensuite à assembler ces éléments dans mes toiles digitales, comme des corps fragmentés avant d’être recousus.Je cherche à éviter de me sentir bridée par les limites d’un medium immuable en détournant des éléments figuratifs pour créer un rendu abstrait.
Mon rôle premier est celui d’archiviste de mes propres productions, puis de glaneuse en leur sein.
L’obscurité émotionnelle mise en scène dans mes toiles se traduit en murmures apaisants et calmes, faisant écho aux espaces de quiétude des églises, cimetières, ou scènes désertées après la violence (notamment dans l’imagerie gore).
Migraine est un bazar ordonné construit de manière réfléchie.
J’y vois un buffet garni rempli de mes peurs et de mes rêves, comme si l’on m’avait étripée sans violence.
« Il m’est naturel d’aller de-ci, de-là, de dire quelque chose puis le contraire, et de me sentir moins piégée parce que je ne choisis pas une seule version des choses. » — Agnès Varda
Dans la musique new wave, l’une de mes influences artistiques, on retrouve souvent de longues et poignantes plages instrumentales. Cette caractéristique presque mutique de la new wave s’unit harmonieusement avec les thèmes explorés dans mon travail photographique.
Les espaces de silence sont ceux dans lesquels on entend le plus de choses.
Je tisse des accords entre artisanat et technologies modernes, ainsi naissent mes toiles digitales abstraites, telles des néo-peintures numériques.
Sixtine Cail est une photographe dont l’univers visuel puise profondément dans l’esthétique gothique et les symboles de l’imaginaire sombre.
Figure montante de la scène musicale indépendante parisienne, elle collabore avec de nombreux artistes pour créer des visuels forts et singuliers.
Passionnée de photographie analogique, Sixtine explore des pratiques expérimentales qui traversent son œuvre : collages, découpages, montages et même la destruction de ses propres tirages font partie intégrante de ses réflexions sur l’image.
Son travail se distingue par une approche artisanale et introspective, où chaque image semble porter la trace d’un rituel intime et visuel, mêlant des codes empruntés au gore avec des éléments poétiques.
Cette tension permanente entre brutalité et douceur confère à ses images une puissance émotionnelle singulière.
