Emerging Paris



Photographie : Hugo Cesto
Texte : Hervé Coutin

Emerging Paris est une série proposée par Hugo Cesto sur les jeunes créatifs parisiens, l'environnement de Bad to the Bone représente cette scène diverse, variée et active.


Alejandra, muse.



La première fois que j’ai rencontré Alejandra cela devait être en 2019, ou en 2018. Après les années molles du covid le temps s’est modifié et j’en ai perdu la notion. Quoiqu’il en soit je l’ai rencontré suite à un message qu’elle m’avait envoyé sur Instagram je crois où elle me disait qu’elle avait vu Bad to the Bone chez OFR (librairie branchée tenue par des gens peu aimables) et qu’elle l’avait beaucoup aimé. Je passe les détails et florilèges de compliments à l’égard de mon travail d’édition, ceux-ci n’intéressant personne, pas même moi… Peu de temps après nous nous sommes rencontrés chez moi alors que j’habitais à Saint-Ouen dans un appartement un peu schlag que je partageais avec mon ami Ivan Dapic, qui est accessoirement le graphiste du magazine.
Voilà à quelque chose près notre première rencontre. Son parcours est étonnant, originaire de Colombie, ayant vécu à Londres elle est arrivée dans cette vieille ville triste qu’est Paris il y a quelques années où elle a été mannequin, puis une styliste très talentueuse et maintenant directrice de casting.
J’ai été un peu triste qu’elle arrête le stylisme car on avait fait de belles choses ensemble et j’aurai aimé que l’on développe davantage de projets autour de Bad to the Bone.
Ella partage sa vie avec una chica ultra cool, Alexandra. En plus de bosser dans la production photo, elle mixe et produit de la musique. Je l’avais d’ailleurs booké à une soirée à la Station Gare des Mines qui a été annulée à cause du covid, à charge de revanche du coup…
J’ai connu Alejandra avec les cheveux très longs et noirs, puis rouge feu, ensuite coupés en carré et teint en bleu et enfin, aujourd’hui court et de nouveau noir. Elles ont adopté un petit chien super mignon mais plutôt turbulent, la famille est complète.

Alejandra
 
 
 

Melchior Tersen, photographe



J’ai publié Melchior pour la première fois il y a 5 ans alors que je préparais le numéro 10 de Bad to the Bone dans lequel il y avait un portfolio consacré au Black Metal. Je lui avais donc demandé de publier une toute petite sélection de son énorme travail sur les vestes patchées de métalleux. Ce corpus d’images est compilé dans un livre de plus de 500 pages, il s’appelle Killing Technologie.
À partir de ce moment-là, j’ai assez régulièrement publié son travail, j’ai aussi édité un fanzine avec ses images sur les “ultras”...
Melchior a une approche quasi amateur de la photographie mais lorsqu’il s’empare d’un sujet, il exploite jusqu’au bout. Il accumule des dizaines et des centaines d’images, de manière compulsive et acharnée. Il épuise son sujet totalement et produit ainsi un témoignage toujours très personnel, une documentation qui restera parce qu’elle raconte une époque, une culture, une société avec précision. Il a une passion pour tout un tas de choses à côté desquelles on peut passer sans y prêter attention et c’est bien là un de ses talents de nous amener à observer des produits dérivés cheap, des figurines en plastique, des canettes de soda, des t-shirts promotionnels des années 2000… Des milliards de trucs chelou quoi.

Melchior
 
 

Andy Rankin, commissaire d’expo.



La première fois que je l’ai vu, je pensais qu’il n’était pas français à cause de son nom d’emprunt… Je me souviens très bien avoir bafouillé quelques mots en anglais avant qu’il m’interrompe pour me demander si j’étais français. Cela intervenait après une nuit sans sommeil un jour de semaine, au dernier étage de l’immeuble que l’on occupait alors avec Rosie et Max. On a passé à peu près 10 mois dans ce squat de Saint-Ouen, pas une seule fois on a eu de l’eau chaude dans ce bâtiment, les douches étaient rares en hiver et peu fréquentes en été… Il y avait un jardin où l’on a fait quelques belles après midi, mi-after mi-exposition qu’Andy a parfois “curaté” lorsqu’il en avait le temps et l’envie.
Ensuite on est parti dans une grande baraque aux Lilas, puis chacun a plus ou moins fait son chemin…
Andy est une sorte de dandy dégingandé, chic avec un penchant certain pour les tenues intégralement noires. Les chambres qu’il a occupées dans nos maisons ont a chaque été entièrement repeinte en noire. Murs, sol et plafond. C’est un puits de science avec une passion pour les théories des collapsologues, effondristes et tout ce qui s’en suit. Il a un certain talent pour raconter des trucs super intéressants, c’est d’ailleurs pour cela que je lui avais demandé de présenter une émission produite par Bad to the Bone et diffusée sur Station Station au printemps 2020.
Depuis, il a été confiné à Bitch (pas sûr de l'orthographe) et résidant à la Cité Internationale des Arts ce qui n'est pas rien ! Il a organisé l'expo Avalanche avec Nelson Pernisco à la galerie Pal Project.
Voilà, il est grand maintenant, il a un bel avenir arty/déglingue devant lui !

Andy
 
 
 

Bad to the Bone – Emerging Paris – Hugo Cesto

Bad to the Bone has been founded and is published by Hervé Coutin

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