L'hiver m'a coûté deux cent quatre-vingt huit euros



Ce qu'il y a de chouette quand tu habites au dernier étage avec vue sur les toits, c'est qu'au moins jamais les connards ne laissent l'empreinte de leurs pas dans la neige
J'aime bien ce moment
Que seuls les pauvres et les radins connaissent
Quelques jours qui sont la frontière
Entre la fin de l'hiver et le début du printemps
Ce moment où il faut couper le chauffage Parce que l'argent ça pousse pas sur les arbres
Ces quelques jours
Quel seuls les pauvres et les radins connaissent
Au cours desquels il fait plus chaud
Dehors que dedans
Cette année
L'hiver
M'a coûté
Deux cent
Quatre-vingt huit
Euros
Et quarante-six
Centimes
C'est-à-dire
Deux cent
Trente-huit
Euros
Et quarante-six
Centimes
D'électricité
Et cinquante
Euros
Pour acheter
Un nouveau pull
Et fin juin
J'ai touché
Un chèque
De deux cent
Quarante-cinq
Euros
Et vingt-deux
Centimes
Envoyé
Par la Musardine
Qui correspond
Aux ventes
Des livres
Que je publie
Chez eux
Mais il n'y a pas
De morale
À tirer
Du calcul
Qui me laisse
Quarante-trois
Euros
Et vingt-quatre
Centimes
De perte
Entre l'hiver
Et l'été

Extrait d'Une vie normale de Christophe Siébert, édition Le Dernier Cri, 2019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’hiver m’a couté 248€ – Texte : Christophe Siebert. Ce qu’il y a de chouette quand tu habites au dernier étage avec vue sur les toits…

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